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Démarche

 

Cultiver la ligne issue de la graine

 

Trait, contour, énergie, rythme, volume, chemin, trame, fil rouge, lien,…

Une ligne, en perpétuel mouvement occupe les visions de l’artiste. Issue d’une graine, elle croit en permanence et finit par occuper tout l’espace. Légère, ondulante, elle dessine des mots, des volumes qu’elle noircie ; délimite des étendues et des fenêtres ouvertes.

 

La ligne, ce squelette : ossature de forces directrices, est à la base de son dessin automatique. Elle appuie son émotion et  devient contour, volume, corps ; exprime une énergie, un rythme… et il laisse libre cours aux thèmes qui lui sont chers : le flou, le vent, le mouvement, l’équilibre, la tension.

 

 La ligne du corps

 

La réflexion artistique de Guillaume Roche le mène à la question du rapport au corps dans l’espace. Sa ligne, informelle, inconsciente et pourtant omniprésente est le lien qui articule ses oeuvres autour de la représentation du corps. Les corps sont mis en scène en relations avec leur milieu, leurs postures perturbent la réalité anatomique et résonnent avec les éléments.

Il place la figure humaine au centre de sa sculpture et crée des personnages dont il cherche à rendre visible les forces vitales. L’important est de parvenir à une représentation efficace, une intensité immédiate de présence. Ses formes épurées, aériennes, gardent une empreinte graphique et dessinent des lignes tendues dans l’espace.

 

 Investir un territoire

 

Le projet artistique de Guillaume Roche est avant tout d’intervenir dans l’espace public des villes ou des paysages plus sauvages. Il inscrit son travail en relation avec un territoire : découvrir un lieu, accrocher l’espace, s’imprégner des regards, de ses pierres, ses cultures, ses mots, saisons, couleurs, projets. Nourri par la somme de ces sensibilités, il compose ses constructions dans une logique esthétique de sensation, d’émotion.

 

 

Mouvement, formes épurées, tension des lignes

 

Le traitement des pleins et des vides évolue selon les effets désirés. Parfois ses sculptures sont proches de la silhouette dans une volonté de transparence et de flux de lumière.

Parfois les pleins dominent et favorisent le jeu des reflets de l’environnement proche. L’acier prend alors les couleurs du lieu, il réfléchit le bleu du ciel, le gris des nuages, le vert des arbres. Les superpositions de plans donnent alors des nuances d’ombres et de profondeur. Les vides traversés de lumière laissent vivre la matière et s’exprimer le dessin.

Reprenant parfois le thème de la statuaire classique il revisite la figure poétique.

Son “canon” est homogène, élancé : visages allongés, cuisses hautes, membres étirés.

 

 

Pratiques créatives 

 

Performance / Installation

Les performances Guillaume Roche son construites comme des moments d’improvisations interdisciplinaires en public. Il  part d’une idée, regroupe plusieurs consignes autour de ce thème, de laisser libre cours à l’expérimentation.

Il n’y a pas d’attente de résultat précis mais surtout des hypothèses de travail et une application in situ, le lieu et le cadre marquant fortement l’approche.

La participation du public fait partie du processus, en tant que spectateur mais parfois acteur ou modèle.

Les installations de l’artiste ne sont pas ,elles, le fruit d’une improvisation ni d’un spectacle, mais toujours issue d’une expérimentation in situ, en partage avec le public ou d’autres disciplines artistiques.

Ces méthodes nourrissent sa démarche. Elles lui permettent  de mettre en pratique des hypothèses visuelles et ouvrent des portes de réflexion.

 

L’expression libre

Il s’agit ici d’exprimer une sensation qui ne soit pas liée à une forme.

Le dessin automatique : pas de contrainte de forme laisser l’expression de l’instant de la sensation

 

 

Le Figuratif

Son objectif est de respecter cadre formel, qui moins qu’une contrainte va être un guide. L’artiste explore le thème de la statuaire. Il s’appuie sur  son expérimentation pour matérialiser une vision et une sensation.

 

 

Champs de référence

 

De sa formation technique et du modelage sur modèle vivant il garde l’étude classique du corps. C’est dans l’art moderne qu’il faut chercher sa famille d’influence. Pablo Gargallo, qu’il découvre pendant ses études, le marque particulièrement, surtout sa méthode de transcription sculpturale, l'élimination du superflu et le graphisme dans l'espace.

L’Art Nouveau dans l’emploi de formes épurées, entrelacs, ondulations reste une source d’inspiration. Ici  ce n’est pas l’esthétisme de la nature qui est représenté mais l’esthétisme de son action sur les formes. Le souffle du vent notamment, que l’on retrouve dans presque toutes ses sculptures. La brise légère qui fait voler les cheveux ou la tempête contre laquelle il faut lutter. Comme dit l’artiste « l’homme en phase avec les éléments : le coté, je me fous à poil dans la nature, je me prends la pluie, le vent le soleil dans la tronche... je suis bien ». On retrouve une certaine influence dans l’abandon et la nonchalance des personnages de Mucha. Chez lui, les courbes sont nerveuses et dynamiques.

Il aime la « poésie de construction » des machines inutiles de Tinguely, son esprit collectif, qu’il met en pratique pour ses installations et ses performances en public.

 

 

Matériaux

 

L’artiste recourt à de multiples techniques et matériaux. Dessin et modelage pour les études. Pierre, bois, résine, polystyrène pour les installations et les performances, en équipe, seul ou avec le public.

Pour ses œuvres personnelles, Guillaume Roche reste attaché au travail du métal. Il aime l’esprit de ce matériau au potentiel immense. Sa robustesse autorise toutes les audaces de dimension et lui permet de laisser libre cours à son inspiration. L’acier soutient les volumes dans les formes les plus fines. Toutes les superpositions de bandes métalliques sont possibles : ressorts étirés, volutes verticales, plans sur plans. Drapés, rubans, cheveux volent au vent avec légèreté. Des gestes aux variations infinies se déploient  dans des mouvements libérés de toute contrainte spatiale.

L’inox permet d’utiliser toutes les variations de gammes de clartés et de profondeurs. Il renvoie des nuances de lumière, produit des contrastes. Ses effets sont comparables à ceux d’un vitrage qui  prend les couleurs de son environnement. Il reflète le temps ensoleillé ou gris. Cette interaction toujours changeante avec le monde qui l’entoure participe au sentiment de fusion, d’intégration au site d’implantation de l’œuvre.

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